J’ai vécu un mois de juin assez dense question arbitrage, au travers de 2 gros événements sur le territoire français : les championnats de France par équipes à Aix et le PSA de Toulouse.
Premièrement, les Plays Off à Aix regroupent certains des meilleurs joueurs et joueuses du monde, dans des équipes telles que Marseille ou Aix en Provence. Certaines confrontations nécessitent la présence d’arbitres qualifiés car certaines équipes jouent gros sur ce week-end. Les conditions de jeu ont été sur certains courts - à mon sens - vraiment très difficiles. La chaleur étouffante transformait certains matchs en un vrai défi physique. Les meilleurs attaquants voyaient souvent leurs balles ressortir et la moindre imprécision ramenait la balle vers le centre du court, créant de multiples interférences : bref, un régal pour les arbitres ! Sans parler du manque d’oxygène sur certains courts qui, cumulé à la chaleur, avantageait les relanceurs au gros, gros physique.

Mon plus gros arbitrage s’est fait sur une rencontre opposant Wael El Hindi (10 mondial d’Aix) à Oli Tuominen (21 mondial de Marseille). Un match très "chaud" remporté par le Marseillais, au terme d’un belle bataille et d’un gros moment de tension. J’ai en effet annoncé une balle doublée dans la raquette de Hindi à 10-7 : balle de jeu pour le Marseillais - synonyme de victoire au jeu avérage pour son équipe. Hindi a passé ensuite tout son temps de récupération à tenter de m’expliquer, qu’en fait, sa balle avait touché le cadre de sa raquette, lui donnant cet effet bizarre. Conversation qui s’est poursuivie une heure après dans les vestiaires, au cours de laquelle il m’a juré que les Egyptiens s’entraînaient même souvent à taper la balle avec le cadre. OK, mais ta balle était quand même doublée, Wael ! Aix a été aussi pour moi l’occasion d’officialiser, au travers de la signature d’une charte de haut niveau, la volonté de la F.F.Squash de se doter d’un groupe d’arbitres de haut niveau capables d’aller décrocher le titre d’arbitre international. Je ne peux m’empêcher de dire que la vie est quand même beaucoup plus facile quand on bénéficie du soutien de sa fédération. Je voulais aussi profiter de cette chronique pour souligner l’énorme performance du club de Brest, qui a remporté les 2 titres de Champion de France N2 hommes et femmes le même week-end. Etant avant tout éducateur, je ne peux que m’incliner devant la masse incroyable de travail et de passion d’Yves Moineau pour arriver à ce niveau de performance, avec quasi-uniquement la formation interne. Vraiment, chapeau bas !
Une semaine plus tard, je débarque à Toulouse pour la 2ème édition du PSA Movida Castanet. Une dotation de 15000 $ et une tête de série dans le top 20 mondial. Mon emploi du temps ne m’a permis d’officier qu’à partir du vendredi soir : demi-finales et finale le samedi. Une petite déception à mon arrivée : mon "copain", l’Italien Bianchetti tête de série n°2, sorti prématurément du tableau la veille, au terme d’un match apparemment à la hauteur de sa réputation !!!

Première demi-finale, le Français Castagnet contre la tête de série n°1 du tournoi, le Hollandais Anjema. Après un premier jeu un peu accroché, le Français n’a pas pu tenir le rythme dans les 2 suivants. Un score sans appel pour un match sans histoire question arbitrage, sauf un cas de blessure avec saignement en toute fin de match. Second match, l’Anglais Ryder contre l’Allemand Rosner. Pourtant moins bien classé, l’Allemand s’impose nettement. Une quinzaine de décisions, pas toutes d’une évidence première, mais l’Anglais étant aussi démonstratif sur un court qu’une huitre dans son parc, je n’ai pas eu trop de mal à contrôler ce match. La finale a tenu toutes ses promesses. Le Hollandais partait favori, mais l’Allemand a défendu ses chances bec et ongles pendant les 58 minutes du match. Les spectateurs ont eu la chance de voir une très belle rencontre. Côté arbitrage, le Hollandais qui perdait là son premier jeu du tournoi, s’est montré un peu plus revendicatif sur certaines de mes décisions, mais globalement ils sont tous les deux restés d’une correction exemplaire : tant mieux pour moi, les spectateurs et les sponsors. Au moment de la remise des prix, l’entraîneur de l’Allemand est venu me voir pour me féliciter pour mon arbitrage : une première, c’est toujours bon à prendre ! Je profite encore de ces quelques lignes pour remercier Steve Alcock et toute son équipe, pour leur accueil sur ces deux jours... même si j’ai eu un peu de mal à me remettre de la soirée du vendredi soir, que je pourrais intituler "Another Brick in the wall".
Ayant dû décliner l’invitation de Daniel Lincou pour arbitrer au PSA de la Réunion, mon prochain tournoi sera l’Open WISPA des Pyramides à Paris dans 15 jours. Rendez-vous à ce moment là.
Nico Barbeau

Salut,
Je voudrais apporter mon soutien à Régis qui a clairement souffert sur le 1/4 ROSNER/BIANCHETTI.
Alors après, bien sûr, on pourra dire ce qu’on veut, mais la chaleur et la dificulté de s’exprimer en anglais face à des joueurs du top 50 mondial (un peu plus revendicatifs que la normale) a joué son rôle.
Stop the discuss and play on Régis !!!!
En mai 2000 l’arbitrage est décapité en France par Bonnefoy et Fontaine qui éliminent Moineau et Barbeau . Neuf ans plus tard une charte de haut niveau d’arbitrage est signée par Barbeau . Il était temps de faire quelque chose vu la catastrophe de l’arbitrage en France . Mais au fait que devient Moineau dans l’histoire ?
Au travers du témoignage de Nico, je crois que ce qu’il faut comprendre c’est que le renouveau annoncé lors des dernières élections est bel et bien en route.
Le retour en grâce de Nico, pour mon plus grand plaisir, et pour le plus grand plaisir du Squash français est une très bonne chose.
Je pense et espère que ce n’est qu’un début ...
C’est vrai que depuis l’année 2000 mes activités d’arbitrage sont étroitement liées avec celles d’Yves Moineau. C’est grâce à lui que j’ai continué envers et malgré tout à arbitrer tout ce temps.
Nous nous sommes souvent déplacés à nos frais en Europe sans le soutien de la fédération pour officier, grâce notamment à nos collègues arbitres étrangers. Sans lui j’aurai certainement abandonné.
Yves Moineau est sans aucun doute l’un des meilleurs arbitres français. Sa place est comme la mienne au sein de la F.F.Squash, le voir en dehors me rend mal à l’aise.
Michelle Lecomte, présidente de la commission arbitrage et vice-présidente de la F.F.Squash travaille dans ce sens, je lui fais entièrement confiance pour trouver une solution.
C’est toujours très sympa de lire cette chronique, merci.
PS : "Les Egyptiens s’entraînent à taper la balle avec le cadre" !!??? Je tombe de ma chaise !
Merci Pierre pour le soutien ! Mais tu sais, arbitrer BIANCHETTI c’est facile...quand il gagne ! C’est vrai que mon anglais est un peu light pour ce genre de joueur, qui conteste tout et n’importe quoi dès qu’il sent qu’il est sur la mauvaise pente. Essayer de déstabiliser l’arbitre ( et son adversaire ) fait partie des moyens qu’il utilise pour gagner. J’aime pas. Cette fois encore j’ai bien galéré, mais il n’a pas réussi son coup. Le plus fort a gagné, Rosner a prouvé en finale qu’il était parfaitement à sa place.
Salut Nico,
J’ai fait ta connaissance à Aix quelques minutes avant ton arbitrage Wael /Oli remarquable. Merci à toi et plus globalement aux arbitres Français pour votre travail qui est un maillon indispensable dans la réussite des événements nationaux PSA & WISPA. Un grand passionné.
Merci à toi Olivier.
Visiblement mes questions dérangent et mon message a été effacé mais pourrait-on avoir le contenu de cette fameuse charte d’arbitrage ? D’autre part comment amener au niveau d’arbitre "international" des arbitres très limite sur le plan français et qui ne parlent pas du tout l’anglais ? Bonne chance .
Ce ne sont pas tes questions qui dérangent mais t’es propos diffamatoires sous couvert d’anonymat. C’est tout.
Pour répondre à tes questions : 1/ pour connaître le contenu de la charte d’arbitrage tu peux t’adresser à Michelle Lecomte qui est présidente de la commission arbitrage à la F.F.Squash : lecomte.erny@wanadoo.fr 2/ Comment amener au niveau d’arbitre "international" des arbitres très limite sur le plan français : et bien déjà les arbitres motivés par cette démarche ne sont pas nombreux et d’autre part c’est en multipliant les arbitrages que l’on gagne en expérience et que l’on devient meilleur arbitre. 3/ L’anglais ça s’apprend !